Juju, ma sage-femme aDorée

Juju, il a bercé ma grossesse, je l’ai beaucoup écouté. J’ai dansé avec ma Merveille sur Coco Câline, j’essaie d’arrêter car entendre dans la bouche d’une petite fille de 4 ans  » Je te veux Coco Caline, je te veux, prends-moi », c’est pas trop la classe ! Sur ces même paroles, j’ai même réussi à faire esquisser quelques pas de danse avec mon homme, un gros ventre nous , c’est dire !

Et puis, il y a un mois tout juste, je rentrais à la maternité, et pendant  les 40h que j’ai dû attendre pour tenir mon Trésor dans les bras, il était là. Je me revois marcher seule, la nuit, dans ce couloir, ses mélodies dans les oreilles, marchant en fredonnant, m’arrêtant pour souffler pendant les contractions. Je me suis endormie après la pose de la péridurale avec sa voix en fond sonore…

Alors forcément, la semaine dernière, quand j’ai compris que l’allaitement se terminait, je me suis dit que c’est aussi une liberté. Celle de prendre une place, pour rejoindre le groupe de copines pour LA soirée prévue depuis longtemps. 

Alors ce soir, je prends du temps pour moi, pour m’amuser, jouer la midinette, et me laisser bercer par Juju ma sage-femme aDorée

Mères pmettes : mettons-nous la barre plus haut ?

Bizarre ce titre ? Cela aurait pu être, « Avec notre vécu, sommes-nous plus exigeantes quant à notre maternité ? »  ou encore  » Avons-nous le droit de ne pas être épanouie à 800%, une fois ce bébé si attendu dans nos bras ? », ou plus simplement  » Suis-je la seule à avoir eu le baby blues ? »

Je m’explique et par avance je m’excuse si ce post peut blesser, je ne veux pas me plaindre la bouche pleine ou plutôt les bras remplis mais je me dit que je ne suis peut-être pas la seule à vivre les évènements de cette façon … enfin j’espère sinon ça veut dire que je suis la pire des mères !

Déjà pendant la grossesse, je ne me suis pas sentie rayonnante et exaltée, la faute au stress je pense, à la difficulté à réaliser que oui, c’était bien vrai, qu’on avait réussi à semer ce petit espoir. Du coup j’ai culpabilisé. C’est vrai, depuis mes 17 ans que je rêvais d’être enceinte, j’aurai dû me sentir comme Blanche Neige entourée de ces petits oiseaux qui sifflotent le bonheur non ?!

À la maternité, épuisée par l’accouchement, les douleurs, le manque de sommeil, les inquiétudes quant au poids du petit Trésor qui baissait, et au stress de ma Merveille qui avait du mal à vivre l’éloignement, bah j’étais pas sur un nuage. Donc j’ai culpabilisé.

De retour à la maison, il fallu prendre nos marques. Je scrutais cette petite chose si fragile et dépendante avec bonheur, incrédulité aussi. J’ai échoué à allaiter, enfin disons que j’ai tenu 3 semaines entre biberons, bouts de sein et tire-lait. En surfant sur WP, j’y ai vu beaucoup de mamans adepte du maternage, portage, cododo, allaitement … et des témoignages de mères béates dès le début de leur bebe miracle. Et moi, en comparaison bah je me suis sentie un peu nulle. Donc j’ai culpabilisé.

Je me suis posée mille questions, j’ai même culpabilisé parce que mon Trésor dort bien, tranquillement, dans son couffin près de mon lit. Figurez-vous qu’elle ne me réclame pas .. Elle ne pleure que très peu, boit et se rendort. Est-ce que ça voudrait dire qu’elle n’a pas besoin de moi, de mon tee-shirt de peau à peau, de mon écharpe de portage ? 

Bref j’ai culpabilisé de ne pas sentir épanouie à 800% comme d’autres…. et puis j’ai réfléchi. Je me suis souvenu qu’après l’arrivée de ma Merveille, j’avais tapé « baby blues post-adoption » sur le net, que j’avais mis un peu de temps à réaliser tout ce qui s’était passé, à apprendre à se connaître et à s’aimer. Je me suis souvenu qu’en  amour je suis un diesel, lente au démarrage et crescendo ensuite. Et ça m’a rassuré. 

Alors ce week-end quand j’ai bu ma première bière, oui j’ai culpabilisé d’avoir stoppé mon allaitement qui est loin de ce que j’avais rêvé, mais mon homme m’a dit judicieusement « déjà tu l’as vécu »! Et puis à la deuxième gorgée, je me suis dit c’est bon quand même la despé !

Du coup, j’essaie d’être moins exigeante avec mon rôle de maman, oui je l’ai voulu du fond des tripes ce Trésor, oui j’ai loupé l’allaitement, oui elle peut être bien sans être collée à moi, ça ne veut pas dire que je gâche quoique ce soit, que c’est moins beau entre nous  ! 

Petit à petit, on se découvre, le diesel chauffe d’un regard et mon cœur grandit encore et chaque jour davantage.